Frais de découvert : quand s’appliquent-ils et comment sont-ils calculés?

Les frais de découvert (agios) s’appliquent lorsque le compte passe en négatif. Ils comprennent des intérêts débiteurs calculés au jour le jour et, selon les cas, des frais d’incident (ex. : commissions d’intervention). Le coût dépend du montant, de la durée et du type de découvert (autorisé ou dépassé).

Le contenu de cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il a été préparé sans tenir compte de vos objectifs, de votre situation financière ou de vos besoins. Veuillez vérifier si les informations ci-dessus conviennent à vos objectifs, à votre situation financière et à vos besoins. Et, si besoin est, n'hésitez pas à consulter un expert indépendant en fiscalité, en finances et en droit pour obtenir des conseils personnalisés avant de prendre une décision importante.

Un plein d’essence, un prélèvement qui tombe plus tôt que prévu et, quelques jours plus tard, des lignes de frais de découvert sur un relevé.

Derrière ces montants parfois difficiles à anticiper, le mécanisme est assez simple. Lorsqu’un compte passe en négatif, cela équivaut à utiliser un petit crédit à court terme. La banque avance l’argent, puis facture des agios et, parfois, des frais d’incident. Comprendre comment ces frais sont calculés, la différence entre découvert autorisé et dépassement, et les solutions pour les éviter (alertes, calendrier de dépenses, paiement en plusieurs fois) permet de reprendre la main sur le budget.

Table des matières

  • Frais de découvert, c’est quoi exactement ?
  • Comment se calculent les agios et les frais de découvert ?
  • Comment éviter les frais de découvert ?
  • Découvert autorisé vs dépassement : quelles conséquences ?
  • Envoyer et recevoir de l’argent (sans frais cachés)
  • Foire aux questions

Frais de découvert, c’est quoi exactement ?

Un découvert bancaire apparaît lorsque le solde d’un compte passe en négatif, c'est-à-dire que les sorties d’argent (paiements, retraits, prélèvements) dépassent les entrées (salaires, virements, remboursements, etc.).

Si la banque accepte de laisser passer l’opération malgré l’absence de provision suffisante, elle vous « avance » temporairement les fonds. En contrepartie, elle facture des frais de découvert, qui se composent en général de deux éléments :

  • Des agios, c’est-à-dire des intérêts débiteurs calculés au jour le jour sur le montant utilisé.
  • Éventuellement des frais fixes liés aux incidents. Par exemple, des commissions d’intervention lorsque la banque doit examiner un paiement alors que le compte est déjà à découvert.

Ces frais peuvent être vus comme le prix d’un crédit de trésorerie à très court terme. Pour des besoins plus importants ou récurrents, il vaut parfois mieux réfléchir à un financement plus structuré, en suivant les bonnes pratiques pour emprunter en toute sécurité.

En France, ces frais ne sont toutefois pas complètement libres : les intérêts débiteurs sont encadrés par le taux de l’usure, un plafond légal fixé chaque trimestre par la Banque de France, au-delà duquel le taux annuel effectif global (TAEG)1 d’un découvert ne peut pas aller. Les principaux frais d’incident de paiement (dont les commissions d’intervention) sont également plafonnés par la loi, avec des protections renforcées pour les personnes considérées comme « clients fragiles financièrement » .

Comment fonctionnent les frais de découvert ?

Toute opération qui dépasse le solde disponible sur un compte peut déclencher des frais de découvert : paiement par carte, prélèvement, chèque ou virement. Si la banque accepte malgré tout de l’exécuter, le compte passe en négatif : il y a découvert bancaire. Selon le contrat, ce découvert peut être autorisé (prévu à l’avance) ou simplement toléré de façon ponctuelle. Dans les deux cas, des frais de découvert s’appliquent.

Ensuite, la banque calcule des agios au prorata du montant et du nombre de jours passés dans le rouge. Plus la période de découvert est longue, plus les intérêts débiteurs augmentent, auxquels peuvent s’ajouter des frais fixes (par exemple des commissions d’intervention si la banque doit analyser un paiement en situation délicate). C’est particulièrement vrai lorsque plusieurs paiements arrivent en même temps, comme des prélèvements liés à votre domiciliation bancaire.

Enfin, la régularisation se fait dès que de l’argent arrive sur le compte (salaire, virement, dépôt). Les agios sont généralement prélevés une fois par mois ou par trimestre, ce qui peut créer une mauvaise surprise si le relevé n’est pas suivi régulièrement. Comme ces frais reviennent à utiliser un crédit à très court terme, il peut être pertinent, dans certains cas, de comparer avec le coût d’un prêt classique et d’emprunter en toute sécurité plutôt que de rester régulièrement dans le rouge.

Il faut d’ailleurs savoir que le découvert ne peut pas dépasser 3 mois consécutifs. Au-delà de cette période, la banque doit faire une offre de crédit à la consommation ou, dans certains cas, mettre fin à l’autorisation de découvert bancaire.

Comment se calculent les agios et les frais de découvert ?

Les agios sont calculés de manière proportionnelle au montant du découvert et au nombre de jours pendant lesquels le compte est resté débiteur. Trois paramètres entrent en ligne de compte :

  • le montant moyen du découvert sur la période ;
  • la durée (en jours) ;
  • le taux annuel effectif global applicable au découvert autorisé, qui doit rester inférieur au taux de l’usure, c’est-à-dire au taux maximal légal fixé pour cette catégorie de crédit. Il se situe généralement entre 15 % et 20 %.2

De manière simplifiée, la formule peut s’illustrer ainsi :

Agios = montant moyen du découvert × nombre de jours × taux annuel / 365

Par exemple, si un compte reste à –800 € pendant 12 jours avec un taux annuel de 18 %, les agios seront calculés uniquement sur ces 800 € et sur ces 12 jours. Ce n’est donc pas seulement le taux qui compte, mais surtout la répétition de ces périodes de découvert dans l’année.

À ce calcul proportionnel peuvent s’ajouter :

  • un minimum forfaitaire de frais de découvert pour tout découvert, même de faible montant
  • des frais liés à des incidents (commission d’intervention, rejet de prélèvement…)

En France, ces frais d’incident de paiement sont eux aussi encadrés. Les commissions d’intervention peuvent être débitées lorsque le montant du découvert autorisé est dépassé. Elles sont ainsi plafonnées à 8 € par opération, dans la limite de 80 € par mois pour la plupart des clients.2

Pour les personnes ayant souscrit à l'offre spécifique de leur banque, le plafond est abaissé à 4 € par opération et 20 € par mois, avec un plafond annuel de 200 € pour l’ensemble des frais d’incident.3

Les clients détectés comme fragiles financièrement par leur banque, mais n’ayant pas opté pour l’offre spécifique, bénéficient par ailleurs d’un plafonnement automatique de leurs frais d’incidents bancaires à 25 € par mois.

C’est ce qui explique que certains petits découverts (par exemple –50 € pendant quelques jours) peuvent, au final, coûter plusieurs euros, voire davantage, si des commissions d’intervention s’ajoutent aux agios. Pour des besoins de trésorerie plus prévisibles, il peut être utile de comparer ce coût avec celui d’un prêt à court terme pour éviter le surcoût des agios récurrents.

Comment éviter les frais de découvert ?

Personne n’est à l’abri d’un mois plus compliqué que les autres. En revanche, quelques habitudes peuvent aider à limiter les frais de découvert, voire à les éviter dans certains cas.

Désactiver ou plafonner l’autorisation de découvert

Certaines personnes préfèrent ne pas avoir d’autorisation de découvert permanente, ou la limiter à un montant faible. Cela évite d’installer un découvert « de confort » qui finit par coûter cher. Il est possible d’en discuter avec un conseiller afin d’adapter le plafond, la durée et les éventuels frais de gestion et d’autorisation de découvert facturés par la banque.

Activer des alertes et notifications

La plupart des applis bancaires permettent de recevoir une notification quand le solde passe sous un certain seuil ou lorsqu’un prélèvement important arrive. Ces alertes donnent le temps de réagir : déplacer un virement, décaler une dépense ou renflouer le compte avant que les agios ne commencent à s’accumuler.

Suivre le solde et les dates de prélèvements SEPA

Une partie des découverts vient simplement d’un décalage de calendrier : le loyer, l’abonnement téléphonique, l’énergie, les assurances… Se noter les dates de domiciliation bancaire les plus importantes et garder un œil sur le solde quelques jours avant permet de limiter les mauvaises surprises. Et en cas de voyage ou de paiements en devises, il faut garder en tête que les frais bancaires à l’étranger peuvent aussi éviter d’alourdir encore plus la situation en cas de budget déjà serré.

Échelonner certaines dépenses (paiement fractionné)

Pour des achats ponctuels mais conséquents (équipement, factures exceptionnelles, etc.), un recours raisonnable au paiement en 4 fois peut parfois coûter moins cher qu’un découvert répété. Il existe des solutions pour payer en 4 fois, ou encore pour gérer ses paiements fractionnés avec une appli, à condition de rester vigilant sur le budget global. En cas d’hésitation, il peut être utile de se renseigner pour savoir si le paiement en 4 fois est sûr, afin d’en peser les avantages et les limites.

Découvert autorisé vs dépassement : quelles conséquences ?

On parle de découvert autorisé lorsque la banque a formalisé avec vous une possibilité de solde négatif jusqu’à un certain montant, pour une durée déterminée ou renouvelable. Cette autorisation de découvert est, en général, mentionnée dans la convention de compte ou un avenant, avec le plafond, le taux d’intérêt applicable et, parfois, des frais de gestion spécifiques.

Tant que le solde reste dans la limite de ce découvert autorisé et que la durée n’est pas dépassée, le fonctionnement est relativement cadré : des agios s’appliquent au taux prévu, souvent moins élevés que ceux appliqués en cas de dépassement. En revanche, même dans cette zone « confort », il s’agit bien d’un crédit de court terme, qui doit être remboursé dans un délai maximal (en pratique, au-delà de trois mois d’utilisation continue, la banque doit en principe proposer un crédit à la consommation).

Lorsque le compte descend en dessous de la limite autorisée, ou qu’aucune autorisation n’a été prévue, on parle de découvert non autorisé ou de dépassement. C’est là que les coûts augmentent :

  • Les agios sont calculés à un taux souvent plus élevé ;
  • Des frais d’incident (commissions d’intervention, rejets, lettres d’information) peuvent s’ajouter rapidement ;
  • La banque peut refuser des paiements, rejeter des prélèvements domiciliés ou des chèques, ce qui peut entraîner d’autres frais pour vous ou des tensions avec certains créanciers.

En cas de dépassement régulier ou important, la banque peut aussi décider de réduire votre découvert autorisé, voire de le supprimer. Mieux vaut donc rester attentif à cette zone de risque et, si besoin, revoir son organisation de domiciliation bancaire ou discuter d’une solution plus adaptée avec son conseiller (rééchelonnement d’un prêt, mise en place d’un crédit de trésorerie plus clair, etc.).

Envoyer et recevoir de l’argent (sans frais cachés)

Comprendre et éviter les frais de découvert est essentiel pour garder des finances saines. Ces frais peuvent rapidement alourdir le coût des dépenses et rendre le budget plus difficile à lire, surtout lorsqu’ils s’ajoutent à d’autres incidents de paiement. Les connaître, savoir quand ils s’appliquent et comment les limiter fait partie des bonnes habitudes pour garder un rapport plus serein avec l’argent.

Au-delà du constat, l’enjeu est de passer d’une gestion subie à une gestion proactive : suivre l’évolution du solde, anticiper les prélèvements, repérer les périodes à risque et ajuster les dépenses avant que le compte ne passe dans le rouge. Avoir une vision claire et à jour des mouvements de compte aide à prendre les devants plutôt que de découvrir les frais de découvert a posteriori sur un relevé.

Dans cette optique, les outils numériques comme les portefeuilles digitaux peuvent vous apporter plus de visibilité et de maîtrise. Des solutions de paiement telles que acheter maintenant, payer plus tard,4 utilisées avec discernement, permettent de lisser certaines dépenses dans le temps tout en gardant un œil sur votre équilibre financier. Combinées à un suivi régulier des dépenses, elles peuvent aider à envoyer et recevoir de l’argent avec plus de confiance, tout en limitant le risque de frais de découvert imprévus.

Foire aux questions

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